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Sunday, December 07, 2008

La Chine : en voie de contrôler l’économie mondiale

La Chine accueillait les Jeux olympiques en août dernier et pourtant elle est la plus grande prison du monde pour les défenseurs de la liberté d’expression!
Dorénavant, elle est en voie de contrôler l’économie mondiale et pourtant elle est la plus grande prison du monde pour la main-d’œuvre
!


La Chine par ci, la Chine par là, de plus en plus, les secteurs manufacturiers se tournent vers la Chine.

Au Québec, cette « fièvre jaune », amorcée au début des années 1990 et renforcée après l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce en 2001, a évidemment modifié le secteur manufacturier. De plus, avec l’étonnante hausse du dollar canadien commencée en 2003 et l’entrée en scène de ces impitoyables compétiteurs asiatiques, les fermetures d’usines se multiplient au Québec. Les groupes affectés implorent l’aide des gouvernements, les syndicats s’exaspèrent et les travailleurs s’inquiètent. Des chiffres témoignent de leurs pires cauchemars : plus de 67 800 emplois perdus dans le secteur de la fabrication depuis 2003 estiment des spécialistes(1)

Les vêtements, les meubles, le papier, les ordinateurs, les médicaments, sont tous des marchés pénétrés par la Chine et qui font frémir les manufacturiers québécois. Le mythe des gadgets confectionnés par de pauvres travailleurs dans de vieilles usines semble révolu, « ils ont des technologies incroyables et sont d’une efficacité redoutable ... », raconte le directeur de la section québécoise de l’Association canadienne de l’industrie des plastiques.(2) Cependant, permettez-moi de douter de ce commentaire; je doute que l’exploitation en matière de main-d’œuvre n’existe plus alors que jusqu’à tout récemment, des enfants en bas âges et de vieilles dames travaillaient des heures intermittentes pour des « pinottes »?

La Chine a bien changé depuis 20 ans, il y a même des Chinois assez riches qui ont traqué leur vélo pour des voitures de l’année, augmentant ainsi le taux de pollution, déjà au-delà de la permissivité. Sans parler de la montée du capitalisme résultant en une division des classes sociales, les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent et naît alors une classe moyenne.

Les Chinois sont ambitieux et leur production annuelle ne cesse de s’accroître. Le taux d’exportation atteint des records et les investisseurs étrangers ont les yeux rivés vers l’Orient. Effectivement, dans le vêtement, quelques manufactures sont peut-être à la fine pointe du savoir-faire, cependant plusieurs sont sous-équipées et leurs méthodes de travail ne répondent pas à nos normes de qualité. « J’ai vu des distributeurs obligés de jeter un vêtement sur deux parce qu’ils avaient trop de défauts » affirme Julio Macedo(3)


De plus, ces pays, dits en voie de développement, n’ont souvent pas d’infrastructures, les manufactures ne sont pas toutes raccordées à Internet, certaines régions n’ont même pas l’électricité en permanence et les spécialistes sont plus rares. Ces aspects ne facilitent pas l’accès à l’information et à la connaissance en plus de leur situation géographique qui ne les aide pas en termes de rapidité de livraison. Dans ces secteurs d’activités, lorsqu’une commande doit être livrée rapidement, ces détails sont importants.

Nombre de spécialistes croient que leurs coûts de production moins élevés pourraient se détériorer, la main-d’œuvre est plus conscientisée et le yuan plus apprécié alors dorénavant, elle demande des hausses salariales(4)

Bien que les manufacturiers québécois ne soient pas encore à l’agonie, ils éprouvent des difficultés mais ils sont plutôt désillusionnés quant à la rentabilité assurée à laquelle ils croyaient « mordicus ». Pas facile de se retrouver les culottes baissées.

Et il n’y a pas que le secteur manufacturier qui soit affecté. Depuis 2003, les Chinois ont monopolisé le marché mondial du magnésium. Le 14 avril 2003, à Bécancour, la plus grande et la plus moderne usine de magnésium du monde cessait ses activités. Cependant, coulé dans des conditions méprisant toute réglementation sécuritaire et protection de l’environnement, le magnésium chinois anéantit la compétition. Il y a cinq ans, ils brulaient des tonnes de charbon pour fournir l’électricité nécessaire aux usines, ont-ils enrayé cette abominable source de pollution en 2008?

Quand donc cesserons-nous d’acheter du « Made in China » pour privilégier nos produits locaux? Les Chinois ne peuvent quand même pas tout faire, même s’ils sont des milliards!

Plus nous achetons leurs produits, plus nous encourageons l’implantation de multinationales et la main-d’œuvre bon marché qui fabrique encore la majorité des produits vendus par Wal-Mart, les figurines offertes par McDonald’s, Mattel, Hasbro et Disney et ce, à des salaires absolument dérisoires, si salaire il y a!

Reste que la Chine est là pour de bon!


Source:
(1) Marie-Hélène Proux en collaboration avec Éric Grenier et Jean-Sébastien Marsan, chiffres publiés dans le Magazine Jobboom, 3 mars 2007
(2) Marie-Hélène Proulx, Magazine Jobboom, 3 mars 2007
(3) Idem – note : Julio Macedo est docteur en génie industriel et professeur au Département de management et technologie à l’UQAM
(4) Résumé des commentaires de Jean-François Michaud, pdg de l’Association des fabricants de meubles du Québec et publiés par Marie-Hélène Proulx, Magazine Jobboom, 3 mars 2007




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