Vision Marketing

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Sunday, December 07, 2008

Achetons-nous vraiment « Québécois » ? Une fois de plus, le consommateur est trompé

Le 7 décembre 2008

Derrière des étiquettes de marques canadiennes et québécoises se cachent des produits multiethniques.
Est-ce une autre pratique trompeuse de la part des grandes marques, supposément en quête de fidélisation du consommateur ?

Des produits multiethniques se cachent dans les épiceries
Saviez-vous que votre panier d’épicerie contient beaucoup plus de produits multiethniques que vous le croyez ? Malheureusement, c’est la triste vérité. Derrière des étiquettes de marques canadiennes et québécoises, se cachent des cornichons indiens, des champignons chinois ou encore des légumes congelés « multiethniques », et j’en passe !
Derrière nos « fleurs de lys » et notre « feuille d’érable », se dissimulent plusieurs autres symboles.
Because : les profits sont tout simplement fort alléchants ... fallait y penser !

Après l’industrie du textile et celui de la chaussure, l’agriculture n’échappe pas à la mondialisation. De plus en plus d’agriculteurs québécois sont incapables de rivaliser avec les bas prix des produits en conserve et/ou congelés importés directement de pays aux économies florissantes, lorsque ceux-ci n’entrent pas au Canada en vrac ou prêts à être mis sur les tablettes de nos supermarchés.

Gilles McDuff, président de la Fédération québécoise des producteurs de fruits et légumes de transformation, nous informe que : « la compétition des produits étrangers est sournoise parce que le consommateur croit qu’il met dans son panier d’épicerie un produit québécois lorsqu’il choisit des asperges congelées d’une compagnie de Saint-Denis-sur-Richelieu ou des champignons en conserve d’une marque maison d’une grande chaîne d’alimentation. Si l’étiquette était indienne ou chinoise, est-ce qu’autant de consommateurs en achèteraient ? Peut-être. Mais ce serait en toute connaissance de cause[1]. »

L’ennui, pour les cultivateurs canadiens, est que les normes de production sont très déplaisantes en plus de tous les règlements relatifs à la protection de l’environnement. Alors, qui dit conditions strictes, dit coûts de production plus élevés. Cependant, je m’explique mal le fait que les coûts de production soient plus élevés alors que les pesticides, entre autres, ne font plus partie des dépenses à encourir ? Également, au Canada, les salaires versés aux employés doivent être convenables et l’interdiction d’embaucher des mineurs sont des règles obligatoires tandis qu’à l’étranger, ce genre de code d’éthique est inexistant. On ne se préoccupe guère à savoir si des enfants travaillent en usines ou si les salaires sont décents, etc., etc. Et pour les entreprises canadiennes et québécoises, ces importations représentent une mine d’or, vu l’exploitation de la main d’œuvre toujours grandissante.

Ce n’est pas que les produits étrangers soient répugnants, cependant, on ne peut rester indifférent face à des enfants de 12 à 14 ans qui sont sous-payés, et ce, pour des journées de travail qui dépassent largement les 12 heures !
À l’unique pensée que plusieurs de nos compagnies canadiennes ferment les yeux devant de telles atrocités, j’ai parfois honte d’être Québécoise.

Par contre, certaines denrées sont étrangères et le seront toujours. Des dattes, des figues, des kiwis, des mangues, des bananes et j’en passe, ne poussent pas ici.
Néanmoins, même les produits typiquement étrangers sont totalement contrôlés par nos gouvernements. Non seulement de par leur pays d’origine mais également leur date d’entrée au pays est décidée par les Ministères concernés.

Quelques exemples flagrants de ce contrôle gouvernemental : les dattes tunisiennes n’ont le droit d’être vendues qu’après épuisement de celles d’Algérie ! L’importation d’abricots tunisiens est interdite. L’huile d’olive tunisienne est totalement absente sur les tablettes des grandes chaines d’alimentation contrairement aux huiles italiennes et grecques. Plusieurs fruits exotiques proviennent du Mexique, libre-échange oblige.

En plus de tous ces fruits et légumes qui sont récoltés beaucoup trop tôt et dont certains murissent en chemin. Ils sont durs, non juteux et plus dispendieux.

Et si je ne fait allusion qu’aux produits tunisiens, c’est tout simplement que je parle en connaissance de cause, ayant eu la chance de travailler pour la branche, dite « représentation économique », du Consulat de Tunisie, qui est en fait, l’import-export. Et croyez-moi, j’ai plus souvent qu’autrement été foudroyée !

Il n’y a pas que le secteur agricole qui soit touché
Il fut un temps où l’une des fiertés de l‘économie québécoise était l’industrie de la chaussure. Aujourd’hui, ce secteur d’activité est de plus en plus assailli par la concurrence étrangère. Les fabricants canadiens sont fatigués de lutter pour que les importations asiatiques continuent d’être frappées de droits antidumping.

À cet effet, dans sa décision rendue en avril dernier, le Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCE) n’a pas estimé bon d’examiner la possibilité de renouveler l’imposition d’un droit de 40% sur les importations de bottes de sécurité en provenance de Chine. Et croyez-le ou non, la raison invoquée par ce Tribunal était que les demandeurs, représentés par l’Association des manufacturiers de chaussures du Canada (AMCC), n’avaient pas produit « les renseignements sur les niveaux de la production, des ventes, des parts de marchés et des profits », preuve irréfutable de l’allégation des dommages. Cependant, ce que le Tribunal omet de dire est que l’AMCC devait débourser 12 000$ pour ces statistiques, qui ont toujours été fournies gratuitement au préalable, par Statistique Canada et Industrie Canada. Et cette décision a été précédée, un an plus tôt, par la levée des droits antidumping imposés sur les bottes pour femmes, sous prétexte cette fois, que trop peu de compagnies canadiennes étaient directement impliquées.

Les conséquences de ces décisions sont désastreuses tout autant pour l’économie québécoise que pour les nombreuses pertes d’emploi qui en ont découlées. Selon l’AMCC, le secteur des bottes de sécurité comptait environ 300 fabricants d’une certaine importance au Canada dans les années 50, alors qu’il n’en resterait plus qu’une vingtaine aujourd’hui. Et des 3 500 emplois au Québec en 2003, il n’en reste à peine que la moitié. Quant aux fabricants de bottes de cuir pour femmes, la décision du TCCE aura provoqué la perte de 1 500 emplois. Et, ironie du sort, les bottes importées de Chine sont vendues à un coût moindre que celui du cuir qui a été utilisé pour les fabriquer !
À eux seuls, les produits chinois ont déjà conquis 80% du marché canadien. Ce qui est inadmissible et si les gouvernements continuent à favoriser ces importations, qu’adviendra-t-il de notre propre économie ? Les produits québécois disparaîtront pour faire place aux produits chinois alors adieu patrimoine et bienvenu aux nouveaux chômeurs ! N’est-ce pas insensé ?
Et toujours pour les profits qui en fait, sont empochés par une bien piètre minorité.

Xavier Leclercq, président d’Auclair et Martineau, l’un des plus importants fabricants de bottes d’hiver au Canada, rapporte que « même là, la concurrence asiatique nous entre dedans de plein fouet. Les consommateurs gardent un préjugé favorable pour les bottes fabriquées ici, toutefois ce qui nous fait le plus mal actuellement, ce sont nos concurrents canadiens qui importent de la Chine, des bottes semi-finies, ou même finies, et qui trouvent quand même le moyen de jouer la carte du produit local. » Et il ajoute également que « le nombre total d’employés du secteur a tellement baissé que les politiciens ne s’intéressent plus du tout à nous[2]. »

De toute évidence, nos gouvernements ont tout intérêt à accélérer le processus de la mondialisation. Logiquement parlant, s’il n’y avait pas autant de profit au bout, il y aurait sûrement moins de précipitation et de hâte de leur part !

Mais, par contre, je trouve effroyable le fait que les compagnies canadiennes soient incapables de se soutenir entre elles dans leurs revendications au lieu de rivaliser les unes contre les autres. Leur soif de profit a pris une telle dimension, qu’elle réussit même à les dresser les uns contre les autres. Plutôt que d’unir leur désir de survivre et leur force dans une lutte commune, les entreprises n’ont qu’une idée en tête : $$$$$$$$$ et encore plus ! Lorsqu’une compagnie est prête à écraser son voisin, pour sortir gagnante, c’est qu’elle a atteint un niveau de bassesse irrécupérable. Et je souhaite de tout cœur que la jeunesse grandissante, qui est la relève de demain, aura d’autres valeurs que celles-ci.

Et que dire des produits textiles. Nous avons tous eu vent de la saga Wal-Mart !
Également, derrière de grandes signatures se camouflent également du « non-québécois ».

J’ai été révoltée à la constatation, tout récemment, que derrière la signature Peter Nyguard, grand couturier de renommée internationale, à l’endos des instructions de nettoyage d’un lainage, on pouvait clairement y lire « Made in China » !
Imaginez-vous un seul instant les profits touchés par ces grands maîtres de la haute couture lorsqu’un simple lainage se détaille, à rabais, pas moins que 88,00$. Il a payé combien M. Nyguard pour sa fabrication ?

Et que dire de ces femmes chinoises, assises et courbées à leur machine à coudre pendant plus de 12 heures par jour, 7 jours par semaine pour un simple bol de riz quotidien. Une bien maigre pitance !
Et cette exploitation n’est pas prête de cesser, bien au contraire. De plus en plus, les étiquettes « Made in China » se répandent dans le monde, appauvrissant ainsi un peuple déjà appauvri et engraissant une minorité suffisamment engraissée !

L’envers de la médaille
En tant que consommateur, nous aimerions tous acheter et encourager nos entreprises québécoises. Nous sommes tous d’accord avec l’interdiction des pluies de pesticides sur nos champs agricoles. Nous avons tous le désir de manger « santé » tout autant que nous souhaitons manger des produits de notre terroir. Nous sommes tous conscients des efforts à déployer pour conserver et améliorer les conditions de vie humaine autant que nous sommes d’accord pour collaborer à la sauvegarde de la planète entière, qui se détériore à la vitesse digne d’une « Formule 1 » !

Cependant, nous sommes leurrés par les grandes marques qui se cachent derrière de fausses étiquettes. Résultat : nous achetons « ethniques » pensant acheter « québécois » en plus de contribuer inconsciemment et contre notre gré à l’exploitation et l’appauvrissement que représente l’importation de produits, en provenance bien souvent, de pays du tiers-monde, lesquels sont déjà appauvris, voire endettés à outrance.
Et de ce fait, nous provoquons la fermeture d’entreprises québécoises et concourons également à plusieurs pertes d’emplois ... toujours inconsciemment et contre notre gré.

Si nos gouvernements, par leurs imbécilités et leurs lois ridicules provoquent la fermeture de nos propres entreprises, comment trouver alors des produits qui soient réellement de fabrication québécoise ?

Et si la chance nous dirige vers une production bien de chez nous, est-ce la majorité des consommateurs qui peuvent en assumer les coûts ? Car acheter « purement québécois », est beaucoup plus dispendieux qu’acheter « purement chinois ».

Et ces cultures étiquetées « bio » sont-elles réellement « bio » et québécoises ? Et pourquoi seraient-elles plus dispendieuses alors que ce genre de culture ne requiert aucun additif ? Ce devrait être le contraire, la non utilisation d’antibiotiques et de pesticides ne représente-t-elle pas une quelconque économie ?

Plusieurs petites épiceries de cartier, dites « de produits naturels », ont vu le jour depuis quelques années, toutefois les prix sont inabordables. Personnellement, je suis incapable d’assumer les coûts d’un pain à 3,50$ ou d’une laitue à 2,50$.

Quant aux dégustateurs de volailles, un poulet aux hormones est plus économique qu’un délicieux poulet de grains. Pourquoi ? Les grains sont-ils plus dispendieux que les hormones ?

Il me semble que la priorité revient aux produits québécois et c’est ce que nous devrions retrouver sur nos tablettes d’épicerie ainsi que dans nos magasins à rayon, cependant, à des coûts raisonnables.

Conclusion

Il apparait que la santé soit l’apanage des riches seulement !
Et que les vêtements et chaussures « Made in Quebec » soient des denrées rares !

Toutefois, le « Made in China » se retrouve partout et dans plusieurs secteurs de fabrication tels les vêtements, les chaussures, la vaisselle, les aliments ; actuellement, il ne manque que les voitures ! Mais ça viendra, j’en ai le pressentiment !

Quand pourrons-nous compter sur nos gouvernements pour freiner cette invasion de chinoiseries dans notre pays ?

Quand pourrons-nous faire confiance à nos gouvernements pour également limiter la catastrophe économique et la pauvreté que l’on tente de camoufler mais qui atteint de plus en plus de couches de notre société. Le Canada est un pays industrialisé, cependant la classe moyenne diminue sans cesse et les familles qui vivent sous le seuil de la pauvreté augmentent sans arrêt.

Et après, on nous parle de progrès par ci et de haute technologie par là !

Les gouvernements dépensent des milliards en armement et en missions d’exploration vers d’autres planètes alors que la moitié de la nôtre se meure ... lentement mais sûrement !

Pour nos spécialistes, une révision de stratégies de marketing ne devrait-elle pas s’imposer ?
Quant à nos gouvernements, il s’agit de bien plus qu’une simple révision stratégique !



[1] Stéphanie Bérubé, Cyberpresse, 25 juillet 2006, www.cyberpresse.ca
[2] Éric Desrosiers, Le Devoir, 23 octobre 2006, www.ledevoir.com

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